Biographie
Tchad. Tapez ces cinq lettres sur un moteur de recherche : on ne vous présentera que l’image d’une société archaïque plongée dans une violence permanente. Or, s’il est vrai que la violence sous toutes ses formes se vit au quotidien, les Tchadiens sont aussi attachés à la vie tout simplement.
Le
christianisme et l’islam sont les religions qui y ont pris le dessus. On
croirait presque à une division géographique du pays : au Sud, les
chrétiens, au Nord, les musulmans. Mais ce n’est là qu’une division
superficielle et hautement dangereuse.
Mon pays
apparaît comme une juxtaposition de deux peuples totalement étrangers, ce qui
n’est pas sans conséquence dans les relations. Le mariage mixte relève de
l’exception, et un nom comme Youssouf Marius fait sourire ou sursauter.
Je suis le
résultat d’une aventure amoureuse entre un musulman et une chrétienne.
Mais ce
n’est pas ce qui justifie mon nom « hybride », comme on l’a qualifié un jour. Nom
qui paraît plus bizarre encore quand je me présente comme séminariste, donc
probable futur prêtre de l’Église catholique, alors que sur mon acte de
naissance, mon prénom Marius ne figure même pas. Je suis Youssouf
Abdoulaye.
Alors,
voici, je me présente : fils de ma mère, une femme goulaye au courage
admirable.
Ma vie
entière porte la marque de cette histoire qui pour moi est celle de l’abandon
(je n’ai jamais eu le loisir d’appeler « papa » mon père biologique), mais
aussi, et surtout, celle du combat d’une femme qui a fait la preuve à sa
communauté qu’une femme seule et sans ressource pouvait réussir à élever un
fils de la meilleure façon qu’il est. Pour certains, ma survie relevait du
miracle ! Au final, c’est le patriarcat qui est remis en cause par mon
histoire, et par celle de ma famille plus largement.
Ma
passion pour la littérature est née de ma rencontre avec le Centre Emmanuel
(aujourd’hui « Puits de Jacob »), bibliothèque à N’Djamena.
En classe
de 5e, j’ai compté parmi ceux qu’on a formés pour aider le
bibliothécaire. Trois fois par semaine, dans la soirée, je tenais le rôle
d’aide-bibliothécaire. Cette proximité avec les livres a forgé mon langage, mes
idées, mes goûts. Antigone est une de
mes lectures fondatrices qui s’est imposée à moi comme une référence quand on a
traité en classe de la question de la loi divine et loi humaine, légitimité et
légalité.
La
rencontre avec la poésie s’est faite à la faveur d’une rencontre amoureuse… Je
trouvais plus facile d’écrire mes sentiments que de les avouer oralement.
J’ai
recopié et réadapté la déclaration d’amour d’un auteur malgache pour son Île, trouvée
dans notre manuel de Français de Seconde.
En
classe de 1re, c’est le tournant avec le concours de la
Francophonie « Dis-mois-dix-mots ». J’y participe dans la catégorie poésie. J’obtiens
la 3e place au niveau national. Les textes des trois premiers
lauréats sont ensuite envoyés à Dakar. Abracadabra ! Je me retrouve deuxième au
niveau intercontinental, sur plus de 40 000 candidats venus de 46 pays. Après
l’annonce du résultat, je n’ai plus lâché la poésie, qui m’a rapporté quelques
autres prix au niveau local. Je me suis un peu essayé en nouvelles, mais rien
n’a abouti pour l’instant.
Mon premier
recueil, Tristes chants d’un grand frère,
parle des souffrances des enfants de mon pays. J’ai ensuite rendu un hommage
spécial à ma mère avec Une vie, un défi.
Mon dernier recueil en ligne sur mBS et Amazon est Espérance, Terre sahélienne. Et je viens de publier, toujours sur
Amazon, Espérance, Terre sahélienne et
autres poèmes (un recueil de X poèmes)
Ce
que j’exprime dans mes textes, ce sont mes rêves et ma réalité quotidienne. Je
veux faire voir au lecteur ce que je vis, ce que les gens autour de moi vivent,
et ce que je souhaiterais que les gens vivent.
La
mission du poète telle que je la conçois est de mettre en scène les rêves des
hommes, sans en dissimuler la nature.


Commentaires
Enregistrer un commentaire