Ma participation au festival Africajarc
« Armé
de la plume », c’est ainsi qu’avance Marius Youssouf. La poésie est le moyen
qu’il a choisi pour exprimer les sentiments que lui inspire le quotidien des
plus démunis de la société tchadienne. La foi est la lumière qui le guide.
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connaît et apprécie Marius depuis quatre ans. C’est avec bonheur que nous avons
été un des maillons de la chaîne qui lui a permis de figurer dans la délégation
officielle des artistes tchadiens sélectionnés pour participer au festival
annuel des cultures d’Afrique : Africajarc.
mBS : Le
chemin de N’Djamena à Cajarc n’a pas été facile, mais vous êtes passé avec
succès à travers toutes les épreuves. Pouvez-vous nous raconter votre aventure entre
le moment où votre candidature a été posée, et celui où votre avion a quitté le
sol tchadien.
Marius : Ce fut
un long chemin, où chaque étape a révélé une difficulté supplémentaire. Dans un
premier temps, je faisais partie du festival « off » (dont le
déplacement n’est pas pris en compte par l’association), le plus grand souci était
alors le financement du billet d’avion. Le premier partenaire qui devrait le
financer s’étant désisté, il ne me restait plus qu’à chercher moi-même des
sponsors. Réunir une telle somme (aux environs de 1.000€) n’est pas chose
évidente dans mon pays. Après une grande médiation, je fus reclassé en
catégorie « in ». De ce fait, je pouvais bénéficier de la prise en
charge par le ministère tchadien chargé de la culture. J’ai pu compter sur le
soutien de certains de mes proches pour assurer le nécessaire pour le visa et l’assurance.
Les informations entre les différents acteurs en France et au Tchad passaient
difficilement. C’est le jour même du départ que la délégation a reçu ses
billets d’avion, quelques heures avant le décollage. Nous avons juste eu le
temps de boucler nos valises.
mBS :
Vous vous retrouvez aux côtés d’une pléiade d’artistes (musiciens, comédiens,
cinéaste, danseurs, etc.) et de Sosthène
Mbernodji, l’autre auteur tchadien invité. Sur place, d’autres
rencontres vous attendent, notamment avec vos compatriotes de la
diaspora : Nétonon
Noël. Ndjékéry, et le bédéiste Adjim Danngar. L’émotion
a dû être grande.
Marius : Ce
fut un moment agréable et plein de joie. Rencontrer Noël NDJEKERY fut ma plus
grande joie. C’est la référence en matière de littérature au Tchad. Adjim DANNGAR
est un précurseur dans le domaine de la BD dans mon pays, et partager la table
littéraire avec lui reste quelque chose d’extraordinaire. MBERNODJI Sosthène
n’était jusque-là pour moi qu’un nom associé à la littérature de mon pays, au
festival du livre qu’il a créé et anime depuis 10 ans, et une voix que les
Tchadiens entendent à la radio. Ce
festival nous a donné l’occasion de sympathiser. J’ai rencontré d’autres
auteurs qui n’ont pas hésité à me partager leurs expériences.
Marius
bien encadré ! à gauche : Nétonon Noël. Ndjékéry, à droite : Adjim
Danngar
mBS : Et
puis vient « votre » moment. Vous voici face à votre public.
Marius : Il
y a eu un peu de stress lors des préparatifs, mais au moment venu, tout s’est
passé naturellement. J’ai dû m’adapter à la situation, car au lieu de donner la
causerie que j’avais préparée sur la condition des enfants des rues au Tchad,
on m’a proposé de répondre directement aux questions du public. Puis ce fut la
lecture de deux textes choisis du recueil Triste
chant d’un grand frère.
Lecture
publique et ensuite… dédicace, coude à coude avec Adjim Danngar
mBS :
Précisons que votre venue en France a été le fruit de votre indéfectible
persévérance et du concours de nombreux intervenants. Dans l’ordre
d’apparition : l’équipe mBS, l’association Charivari France-Tchad, vos
innombrables amis, le gouvernement tchadien et, sur place, Marie Calmettes
(coordinatrice de la partie littérature du festival Africajarc), et Ingrid
Ledru de la librairie « Le livre en fête ». Que retenez-vous de tout
cela ?
Marius : De
la générosité, de la disponibilité, beaucoup d’amour. Quant à moi, je ne peux
qu’être reconnaissant envers toutes ces personnes et toutes ces entités qui ont
contribué à la réalisation de cette belle aventure. C’est aussi ce que
j’exprime dans mes textes : au beau milieu d’un monde où des doutes se
font sur le sens de l’humain chez les humains, il y a encore de la place pour
l’amour pur et sans attente de « retour sur investissement », à part
la grande satisfaction d’être utile à quelqu’un. Que de l’amour.
mBS :
Pensez-vous que ce genre d’initiative peut vous aider à porter votre message,
car, nous le savons, ce n’est pas la célébrité que vous recherchez en écrivant.
Marius : C’est
presque déjà le cas. Après ma présentation, les témoignages spontanés, et les
échanges au cours de la dédicace de mes livres m’ont fait comprendre que mes
textes ne laissent pas insensibles ceux qui les découvrent. J’espère avoir un
peu plus d’espace pour porter ma voix et toucher le plus de monde possible.
mBS :
Avez-vous quelque chose de particulier à dire à la communauté mBS ?
Marius : Avant
tout, toutes mes gratitudes. Merci à mBS d’exister, merci de m’avoir fait
rencontrer Myriam, qui, depuis trois ans, ne se lasse pas de m’encadrer dans
mes aventures littéraires. Aux membres de la communauté, je dis qu’il faut
faire confiance au site, faire confiance à ceux qu’on rencontre en passant ici,
partager sans rien attendre en retour. Tout ce qui compte est de faire vivre ici
l’ amour pour la littérature qui
nous unit malgré les distances. Et cette expérience me fait dire que la
distance n’est pas infranchissable, car on a fini par se rencontrer avec Myriam…
chose inimaginable quand j’ai commencé à échanger avec elle. Comme quoi, « à
cœur vaillant, rien d’impossible ».
Merci
Marius. Nous vous sommes reconnaissants d’avoir choisi notre site pour relayer
votre message.
Nous allons laisser le
dernier mot à Sosthène Mbernodji, que nous retrouverons bientôt sur notre site :
Les écrivains tchadiens portent le poids d'une profession dont se méfient souvent les
dirigeants. Ceux qui émergent à partir de l'intérieur ont déjà ce courage d'écrire,
c'est déjà un acte de résistance en restant au Tchad où les conditions ne sont
pas favorables à l'écriture.
Lien vers le livre de
Marius : https://www.monbestseller.com/manuscrit/13759-esperance-terre-sahelienne
Lien vers son article
francophonie : https://www.monbestseller.com/actualites-litteraire/18422-avoir-20-ans-au-tchad-et-etre-poete-serie-francophonie



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